Amphiprion ocellaris, Nemo, Poisson-clown à trois bandes, Amphiprion ocellé

Le poisson-clown à trois bandes Amphiprion ocellaris est un poisson marin, dit Nemo, parmi les plus populaires en aquarium marin récifal. La compagnie, par mutualisme, d'une anémone de mer où le poisson clown pourra trouver refuge est largement conseillée. Idéalement une maintenance en couple permettra d'observer des pontes aux abords de l'anémone.
Amphiprion ocellaris
Amphiprion ocellaris

Chez le
poisson-clown Amphiprion ocellaris, le nom de genre, Amphiprion, signifie "qui porte une scie de chaque côté" mettant en évidence un caractère physique des poissons-clowns : la scie operculaire, et le nom d'espèce, ocellaris, précise le patron et dessin de coloration "ocellé". En mer, on trouve cette ocelle blanche sur la caudale. Le nom de genre Amphiprion a donné le nom de sous-famille des poissons-clowns : Amphiprioninés. Évitez l'appellation (jamais utilisée par les professionnels) de Poisson-clown à trois bandes qui offre trop de confusion possible avec d'autres espèces, et ce nom vernaculaire date de la description de Cuvier : il n'existait alors que 4 espèces de poissons-clowns.

Le poisson-clown à trois bandes peut vivre de nombreuses années avec un record de longévité (espérance de vie) établi à 21 ans au Muséum-aquarium de Nancy.


On trouve de nombreux noms communs pour ce poisson devenu très courant en aquarium, ainsi, en Français : Amphiprion ocellé, Amphiprion à queue noire (pour l'ex-Amphiprion melanurus), faux « Percula », ou encore plus simple « Ocellaris ». Depuis la
diffusion des aventures du poisson-clown dans le film « Nemo », ce sobriquet est devenu incontournable… et présente un avantage : il est international. Toutefois, « Nemo » se rapporte tout autant à Amphiprion ocellaris qu'à Amphiprion percula si on compte le nombre de rayons de la nageoire dorsale. Cette dernière espèce est appelé "vrai poisson-clown" par les anglophones! En allemand, on trouvera régulièrement l'appellation : Orangeringelfisch; en anglais : Clown anemonefish, Harlequinfish, Orange Anemonefish, false Percula ; en japonais : Kakure-kumanomi ; ou encore en néerlandais : Drieband-anemoonvis. La liste est longue.

La variété noire Amphiprion black ocellaris darwini :

variété Amphiprion black ocellaris darwini

La variété venant de Darwin, au sud de l'Australie, propose un A. ocellaris noir (black), une variété naturellement atteinte de mélanisme, très recherchée en aquarium marin.


Son origine géographique est vaste : Sumatra (origine du type ayant servi à la première description); côtes de l'Inde et de Birmanie, îles Andaman et Nicobar, Archipel indo-australien (East Indies), Philippines, Riou Kiou, Japon méridional, Mélanésie (Nouvelle-Guinée occidentale), Australie septentrionale et occidentale (Port Darwin, Groote Island, Yampi Sound). C'est, selon de Beaufort (1940), l'
espèce d'Amphiprion la plus commune dans l'Archipel indo-australien.

La taille de ce poisson reste modeste, mais peut atteindre 8,5 cm, les femelles dépassent les
mâles d'environ 10 à 25 mm, atteignant alors 11 cm.

D'après G.R. Allen, 1972, on trouve de nombreux synonymes :


Position systématique :

Le complexe «percula» ne renferme que deux espèces. Amphiprion percula Lacepède 1802 qui est une forme orientale (Australie, Mélanésie), peu fréquente dans les aquariums européens, et Amphiprion ocellaris qui a longtemps été confondu avec l'espèce précédente sous le nom de «percula». Les caractères sont ainsi résumés par Allen : interorbitaire et
occipital nus (= sans écailles), corps peu élevé ; dorsale présentant X-XI et 14-16 rayons, avec une profonde échancrure à la limite des portions épineuse et molle; dents incisiformes à subconiques bande médiane du corps avec une expansion vers l'avant (plus marquée chez l'adulte que chez le juvénile) et couleur de fond (corps et nageoires) orange, brune ou noire; 4 os hypuraux médians fusionnés en 2 plaques; écaille axillaire des pelviennes faible (ou absente chez ocellaris); la nageoire caudale est arrondie.

Fowler (1904) avait estimé que ces espèces étaient assez distinctes des autres Amphiprion pour former le sous-
genre Actinicola.

Dans l'évolution du groupe, le complexe «percula» est particulièrement proche de Premnas biaculeatus Bloch, dont, par communication sur le forum sur le
Premnas epigrammata, il se pourrait que le genre Premnas soit regroupé au sein du genre Amphiprion ; je cite :

« pour les puristes, et si on se base sur les dernières données génétiques, il faut savoir aussi que le genre Premnas n'a plus lieu d'être. Ce poisson devrait en fait s'appeler Amphiprion biaculeatus. »

 

Description selon le texte de la diagnose originale :

(in Cuvier et Valenciennes, 1830).
«M. Valenciennes a observé au Cabinet de la Société Zoologique de Londres un petit Amphiprion de Sumatra, semblable au perchot (ce nom désigne le vrai Amphiprion percula), mais dont les
bandes ne sont point bordées de noir. La caudale est bordée de blanc, brune à la pointe, et porte vers le bas un grand ocelle blanchâtre. La pectorale est brune, bordée de blanc. Sa longueur est d'un pouce trois quarts».

L'extension de la couleur noire entre les bandes claires est en effet le caractère le plus facile pour séparer le vrai percula d'ocellaris. On connaît cependant des ocellaris mélaniques, c'est à dire atteint de
mélanisme (presque noirs), décrits initialement sous les noms d'Amphiprion bicolor par Castelnau et d'Actinicola nolani par Whitley, qui paraissent communs à Port Darwin (Australie). En revanche, l'ocelle blanchâtre de la caudale qui justifiait le nom spécifique ocellaris, n'était qu'un artefact, présent sur un seul côté de la nageoire, ainsi que Günther (1862) l'a établi.

La bosse
céphalique, considérée comme caractéristique de l'ancien nom Amphiprion bicolor par Castelnau, est fréquente chez les spécimens âgés.

mutualisme :

Dans la nature, on signale l'association avec
Heteractis magnifica (Quoy & Gaymard, 1833) (ex-Radianthus ritteri Kwietniewski, l'anémone de Ritter), en Thaïlande et aux îles Nicobar, avec Stichodactyla gigantea (Forsskål, 1775) aux Philippines et avec Stichodactyla mertensii (Brandt, 1835) à Java et aux Philippines.

En captivité, Amphiprion ocellaris, tout en manifestant certaines préférences, semble s'accommoder de nombreuses espèces qui, jusqu'à présent, n'ont pas été déterminées avec précision, en raison de la difficulté de la
systématique des anémones tropicales. Les auteurs mentionnent surtout des genres de Stichodactylines (Heteractis, Stichodactyla), mais aussi quelques anémones «non symbiotiques» telles que Actinia equina Linné 1758, la fameuse anémone tomate de nos côtes (Atlantique Est, Manche, mer du Nord, Méditerranée). Amphiprion ocellaris peut vivre et pondre sans anémone; il satisfera son besoin de contact en se tenant, par exemple, contre la surface du film de surface. Il est cependant vivement recommandé d'introduire ces poissons dans un bac où l'on a installé, au préalable, une ou plusieurs anémones, ou tout animal de substitution (certains LPS, certains coraux mous, etc.) car leur acclimatation est alors plus facile.

Conditions d'élevage :

A. Seale (
aquarium, 1935), rapporte que deux spécimens placés dans un aquarium en verre de 23 litres, rempli d'une eau de densité 1.025, sans plantes ni aération, tenu à la température de la pièce (21-22 °C), furent conservés pendant cinq mois, avec seulement un renouvellement du quart de l'eau tous les 2 jours et remis ensuite dans le bac du Steinhart Aquarium d'où ils avaient été prélevés. Garnaud (1951) apporte des observations nouvelles sur la tenue en aquarium.

Observations à Nancy par Denis Terver :

Vingt exemplaires d'environ 25 mm, provenant de Singapour, acquis le 29/03/1974, furent élevés dans un aquarium en verre collé de 550 litres (2,20 x 0,50 x 0,50), filtré dans 2 cuves à décantation alimentées par une pompe 2.000 1/h, dont le
rejet au ras de la surface provoque une agitation superficielle, et une autre de 500 1/h débitant dans un tube U.V. de 15 W. Aération par 3 diffuseurs et un giffard à la sortie de l'U.V. Changement bimensuel de 1/10 à 1/4 du volume d'eau. Densité 1,025, pH 7,8-8,1, température 27 °C, avec pointes à 31 °C en été. L'aquarium disposait d'un écumeur alimenté en air (non ozonisé).

Croissance et hiérarchie :

L'uniformité de taille des individus disparut dès les 3 premiers mois, en même temps que se modifiaient les relations interindividuelles. Au début, on constatait une forte attraction, tous se réfugiant en même temps dans la même anémone, et la répartition des animaux dans l'aquarium démontrait aussi cette cohésion sociale. Peu à peu, accompagnant des différences de taille et d'intensité de
coloration, une hiérarchie linéaire s'installa. Un individu grandit très rapidement, s'appropria l'anémone n° 1 et délimita un territoire équivalent au tiers de l'aquarium. Six individus plus petits adoptèrent l'anémone n° 2; la position de chacun par rapport à la bouche de l'hôte paraissait directement liée à son rang hiérarchique, les plus faibles occupant l'extérieur du disque. 13 individus qui avaient conservé leur taille initiale avaient accès la nuit à l'anémone n° 2, à condition de se tenir à la face inférieure du disque.

Jeune Amphiprion ocellaris mâle :

Jeune Amphiprion ocellaris mâle

Ce jeune poisson-clown est un Amphiprion ocellaris mâle, la nageoire dorsale étendue permet de compter les rayons durs et l'identification de l'espèce.


Bientôt l'individu le plus faible, chassé par tous, se réfugia dans un angle supérieur de l'
aquarium en position verticale, tête en haut, et finit par mourir. La position hiérarchique des individus intermédiaires n'était cependant pas stable. Elle était remise en question par des joutes se terminant par des postures de soumission ou des blessures. La place de chaque mort était prise par l'avant dernier du groupe.

Trio Amphiprion ocellaris dans une anémone de grande taille :

Trio Amphiprion ocellaris dans une anémone de mer

En mer, une hiérarchie est bien organisée : ce trio de poissons-clowns ocellés est ordonné par taille dans une grande anémone de mer.


A mesure que la disproportion des tailles augmentait, les relations furent de plus en plus brutales. Cependant, le plus grand individu du groupe de l'anémone n° 2, après de nombreuses parades avec l'individu solitaire de Amphiprion ocellaris, fut autorisé à de fréquentes incursions dans l'anémone n° 1, sans pour autant quitter son groupe, comportement déjà signalé par J. Birkholz (
DAS aquarium, 1975). Ces deux spécimens formèrent un couple reproducteur : femelle de 50 mm, mâle de 40 mm.

Fiche de maintenance détaillée de Amphiprion ocellaris

Qualité de l'eau :


Qualité d'eau normale d'un aquarium marin. Le poisson-clown Amphiprion ocellaris supporte moins bien qu'A. percula des concentrations élevées en nitrates (moitié moins : communication personnelle Laurent Fordoxcel, responsable des aquariums du Muséum-Aquarium de Nancy).


 

Cohabitation et comportement :


Cette espèce est pacifique envers tous les poissons sauf leurs congénères. Les relations interspécifiques sont globalement très bonnes tant qu'aucun poisson ne joue les intrus dans leur coraux mous de substitution.


 

Alimentation et nourriture :


De nature
omnivore et carnivore, le poisson clown ocellé s'adapte facilement aux nourritures sèches. Des morceaux de vers Néreis, tubifex, des artémias vivants ou congelées, des morceaux de moules crues ou cuites, larves de chironomes, huîtres crues, oeufs de crevettes, nourriture sèche ou lyophilisée, etc... tout est accepté. Ce poisson-clown ne pose généralement aucun problème sur ce point.


 

plusieurs jeunes Amphiprion ocellaris cohabitent dans Heteractis magnifica

La reproduction d'A. ocellaris est l'une des plus faciles en aquarium marin car les larves acceptent des brachions comme aliment vivant de base.


Le comportement de reproduction très proche de celui de A. allardi. Les
oeufs, jaune-orangés, sont au nombre de 300-400. La surveillance et les soins sont assurés exclusivement par le mâle, la fréquence des interventions étant fonction de l'âge de la ponte. La femelle assure la défense territoriale en chargeant tout ce qui se présente.

Durée moyenne d'
incubation de 9 jours, ponte et éclosion débutant au crépuscule; l'éclosion peut se poursuivre jusqu'à l'après-midi du jour suivant et, exceptionnellement, jusqu'au surlendemain matin.