Centropyge bicolor, Holacanthe bicolore, Centropyge bicolore

Le nom de genre, Centropyge, signifie : « pourvu d'une épine dirigée vers l'arrière » (kentron = épine ; pyge = croupe), et le nom d'espèce bicolor veut dire « de deux couleurs ».
Centropyge bicolor
Centropyge bicolor

Son origine et répartition géographique est vaste sur tout l'archipel indo-australien : Sumatra, Flores, Solor, Kisser, Célèbes, Talisse, Makian, Temate, Céram, Amboine, Saparna, Banda, Aru, Nouvelle-Guinée. Philippines, Queensland, Mélanésie,
micronésie, Polynésie jusqu'aux Hawaï (oahuensis).

D'ailleurs, une certaine
analogie dans la répartition des deux couleurs principales fait que cette espèce fut confondue par les anciens auteurs avec Holacanthus tricolor Bloch 1795, de l'Atlantique tropical occidental. Cuvier fait observer que c'est la raison pour laquelle Bloch écrit qu'elle habite l'Amérique australe et les Indes orientales. Cette confusion est parfois renouvelée lorsque l'on attribue à notre espèce les noms de «Rock Beauty» ou «Felsenschônheit» qui s'appliquent, en fait, à H. tricolor (D.A.T.Z., 1972).

Centropyge bicolor atteint une taille de 115-120 mm, les spécimens d'
aquarium maintenus dans des bacs trop petits restent (malheureusement) généralement plus petits.

taxonomie :

La taxonomie des poissons-anges a souvent évolué… On trouve ainsi, au fil du temps, les appelations synonymes suivantes : Chaetodon bicolor Bloch 1787, Holacanthus bicolor Lacepède 1802, Holacanthus tenigab Montrouzier 1856, Chaetodontoplus bicolor Jordan et Jordan 1922-25, Holacanthus bicolor oahuensis Borodin 1930, Holacanthus bicolor Herre 1931.

Caractères du genre :

Le genre Centropyge rassemble les plus petites espèces de Pomacanthidés, ce qui justifie son nom populaire d'
Centropyge tibicen, Centropyge vrolicki) et la plupart des espèces sont beaucoup plus petites. Cette taille modeste, jointe à des coloris généralement brillants, en font des Poissons très recherchés des aquariophiles.

Fraser-Brunner (1933) a proposé la définition suivante. Corps ovalaire. Ecailles de la tète et du
tronc grandes, celles de l'opercule sur 5 rangs verticaux au plus. L'espace interorbitaire est égal ou inférieur au diamètre de l'oeil. La marge postérieure du préorbitaire est libre, serratulée ou avec de fortes épines. L'interopercule reste petit, convexe, n'atteignant pas le subopercule, son bord postérieur serratulé ou avec de fortes épines. La marge postérieure du préopercule devient en général fortement ligne latérale se termine à la fin de la dorsale molle, et la dorsale et l'anale ne sont pas prolongées. Les pelviennes n'atteignent pas l'origine de l'anale, et la caudale est arrondie ou tronquée. Les jeunes ressemblent aux adultes, sans aucune distinction marquée; la taille est petite.

Dans un court commentaire, l'auteur estime qu'il n'est pas justifié de séparer les espèces qui ont de puissantes épines préorbitaires (genre ou
sous-genre Xiphipops Jordan et Jordan), comme Centropyge fisheri par exemple, car il existe de nombreux intermédiaires.

La conception elle-même du genre Centropyge est discutable. Smith-Vaniz et Randall (1974) constatent que certains caractères différentiels proposés par Fraser-Brunner ne semblent pas valides. Peut-être vaudrait-il mieux suivre Herre (1953) qui considère Centropyge comme un sous-genre de Holacanthus ???

Espèces et répartition du genre Centropyge :

En 1933, 14 espèces, toutes indo-pacifiques, étaient connues. De 1951 à 1975, 13 espèces (ou 12 seulement, Centropyge caudoxanthorus Shen pouvant n'être qu'une
phase de couleur de Centropyge flavicauda Fraser-Brunner) ont été décrites, parmi lesquelles 3 sont de l'Atlantique tropical (Caraibes et Ascension). Ainsi, avec 33 espèces, Centropyge devient le genre le plus vaste de la famille et d'autres formes seront certainement découvertes. Mal représenté en Mer Rouge et dans la portion occidentale de l'océan indien, ce genre est florissant dans l'Archipel indo-australien et dans le Pacifique tropical, jusqu'à l'île de Pâques (hotumatua Randall et Caldwell).

Dans la liste chronologique suivante, le nom des espèces atlantiques est suivi de la mention «Atl.». Cette liste s'arrête à la 27ème espèce.

1. 1787 bicolor Bloch et var. oahuensis Borodin 1930
2. 1831 tibicen Cuvier : 130 (espèce-type)
3. 1831 flavissimus Cuvier : 148
4. 1853 nox Bleeker
5. 1853 vrolicki Bleeker
6. 1860 bispinosus Günther
7. 1866 multispinis Playfair et ssp. somervillii Regan 1908
8. 1874 loriculus Günther
9. 1902 fisheri Snyder
10.1911 multifasciatus Smith et Radcliffe
11.1912 potteri Jordan et Metz
12. 1922 acanthops Normann
13. 1931 interruptus Tanaka
14. 1933 flavicauda Fraser-Enxhner
15. 1951 argi Woods et Kanazava, Atl.
16. 1953 heraldi Woods et Schultz
17. 1953 nigriocellus Woods et Schultz
18. 1963 eibli Klausewitz
19. 1972 ferrugatus Randall et Burgess
20. 1973 caudoxanthorus Shen (? phase de couleur de C. flavicauda)
21.
1973 hotumatua Randall et Caldwell
22. 1974 aurantonotus Burgess, Atl.
23. 1974 multicolor Randall et Wass
24. 1974 aurantius Randall et Wass
25. 1974 joculator Smith-Vaniz et Randall
26. 1974 colini Smith-Vaniz et Randall
27. 1975 resplendens Lublock et Sankey, Atl.

Caractères de l'espèce bicolor :

Mâchoires égales, dents très étroites, longues; préorbitaire libre à marge inférieure convexe, antérieure serratulée, postérieure avec 6 - 7 fortes épines ; préopercule à marge postérieure serratulée, son épine, très longue, atteignant l'
insertion de la pectorale. Ligne latérale arquée dans sa portion antérieure, puis suivant le profil du dos et se terminant à la fin de la dorsale. Dorsale et anale pointues ; premier rayon des ventrales allongé, atteignant presque l'anale ; caudale arrondie. Région antérieure du corps, pectorales, ventrales et caudale jaune vif, ainsi que le bord proximal et distal de la dorsale. Une tache ovalaire d'un jaune plus foncé vers le début de la ligne latérale. Région postérieure du tronc, dorsale et anale bleu foncé, à reflets moirés. La limite des deux couleurs est abrupte, soulignée vers l'avant d'un mince liseré d'un jaune plus pâle. Une bande supraoculaire bleu foncé, très diffuse au-dessous de l'oeil.

Ce patron de
coloration était unique dans le genre jusqu'en 1973 ; depuis, il est partagé par hotumatua Randall et Cald. et joculator Sm-Van. et Rand., ce dernier ayant été confondu sur le terrain avec bicolor. Ces deux nouvelles espèces sont cependant plus voisines l'une de l'autre qu'elles ne le sont de bicolor.

Fiche de maintenance détaillée de Centropyge bicolor

Qualité de l'eau :


Cette
espèce a été souvent considérée comme très difficile à conserver en aquarium (par exemple Burgess et Axelrold, 1972) ou comme très mal connue, parce que rarement importée (de Graaf, 1975). Mayland (1971) écrit que l'espèce à la réputation de mal s'alimenter, mais ajoute qu'il n'a pas eu de difficultés avec son dernier spécimen dans un bac bien fourni en algues vertes filamenteuses. Liebisch (1973) rapporte qu'un spécimen, introduit dans un bac très riche en algues, a refusé toute nourriture pendant 3 semaines, mais qu'ensuite il a progressivement accepté tous les aliments secs ou frais. Les premiers spécimens vus chez les importateurs français étaient en mauvais état et leurs chances de survie certainement faibles. Il semble que depuis 1970-1971 les conditions se soient améliorées. La durée de vie est estimée à plus de 10 ans sans aucun incident avec une taille maximum ayant atteinte 114 mm LT (92 mm LS). La mort d’un spécimen est survenue après quelques jours de nage très oblique, sans autre symptôme extérieur. Il occupait un bac envahi par des algues, en compagnie de Centropyge bispinosus, d'Heniochus sp. , Chaetodon, Labridés etc.

Attention, selon H. Favé (1974),
Centropyge bicolor serait sensible aux traitements par le sulfate de cuivre.


 

Alimentation et nourriture :


La
bouche relativement petite des Centropyge leur fait préférer des proies petites ou moyennes, bien qu'ils attaquent aussi de grosses Néreis dont ils peuvent couper un fragment. artémias, tubifex, larves de chironomes, manteau de moule sont très appréciés; les algues ou la salade (épinards aussi) sont un complément nécessaire !!!


 

Protocole d'élevage et reproduction Centropyge bicolor :


Les Pomacanthidés, grands ou petits, sont tous des
hermaphrodites protogynes, ils naissent femelles et afin de former des couples, stables en général, certains individus se transforment en mâles. Centropyge bicolor suit cette règle. Des pontes et des éclosions ont déjà été observées en aquarium, et certains professionnels arrivent désormais à maîtriser leur reproduction complète, y compris l'élevage des larves.